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 { we do not prevent a small heart from loving

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Madem0iselle B.
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MessageSujet: { we do not prevent a small heart from loving   Ven 23 Oct - 13:00

{ we do not prevent a small heart from loving ♥️

_ L'écriture est un art que j'affectionne depuis ma plus tendre enfance. C'est un art qui me permet d'exprimer certains sentiments, certaines émotions enfouies au plus profond de moi et qui ne peuvent jaillir qu'à travers des mots . . . Pour le moment, je vais vous mettre le dernier en date. Je n'ai plus vraiment le temps d'écrire, donc mes textes se font de plus en plus rare ; mais voici le dernier :

▬ Les grandes ailes blanches

20h37. Nous étions à table. En famille. Mon père nous avait préparé un bon petit plat avec amour. Nous ne pouvions lui reprocher d’être un artiste en matière de gastronomie. Chaque soir, nous mangions ensemble, en famille. Tous réunis autour de la grande table du salon, à discuter devant la télévision.
« Je n’arrive plus à avaler ». Tout à commencer par cette phrase que l’on croyait sans conséquence. Dès la prononciation de ces mots, le calvaire a débuté, le compte à rebours s’est mit en route. Je devais aller sur mes quatorze ans. Les mots prenaient peu à peu de l’importance dans ma vie. Etrangement, ceux là, je ne les ai pas pris en compte. Je ne les ai pas compris, ou du moins, inconsciemment je m’empêchais de les comprendre. Ces mots là, il nous les a longtemps répété. Pendant des mois. Presqu’une année, mais personne ne réagissais. Il a mit du temps à aller voir quelqu’un qui pourrait lui donner la signification de cette phrase. Au fond de lui, il l’a connaissait déjà cette signification, mais il ne s’y résignait pas. Et, un jour, le « Je n’arrive plus à avaler » a disparu, laissant place à de nouveaux mots, à une nouvelle phrase. « Je suis malade ». Le médecin avait fini par lui donner une explication, il avait trouvé la réponse. Mon père était atteint d’un cancer.

« Je suis malade ». Il ne le répétait pas aussi souvent que l’autre phrase. A mon souvenir, il ne l’a dit qu’une seule et unique fois. Il ne se résignait toujours pas à admettre le sens de ces mots. Il a seulement précisé qu’il ne voulait pas se soigner, qu’il se laisserait crever sans rien faire. Impossible. L’instinct de survie a prit le dessus, et une infirmière a prit le chemin de la maison. Mon père ne pouvait plus s’alimenter de façon normale, les aliments ne passaient plus dans son œsophage, il manquait de s’étouffer à chaque bouchée. D’ailleurs, un jour sa vie a failli lui être arrachée seulement à cause d’un petit bout de viande qui ne trouvait pas son chemin dans cet œsophage trop serré. Je pense que c’est depuis ce jour là que ma bouche n’accepte plus les morceaux de viande. L’infirmière était presque devenue un membre de plus dans la famille ; elle venait le matin à six heures et revenait une deuxième fois dans la soirée. Mon père était accompagné en permanence d’un portant sur lequel était accroché une poche nutritive qui lui était reliée par une sonde qui passait dans ses narines pour finir dans sa gorge. Je n’ose même pas imaginé combien ce devait être désagréable d’avoir à supporter ce bout de plastique, et combien ce devait être difficile de dormir avec. Je me souviens surtout des peurs bleues que nous nous faisions quand le branchement était mal fait, et que du sang circulait dans cette sonde, nous accourions auprès de lui pour arranger tout ça. Mon père était affolé, et je rentrais en transe. Pourtant, j’étais devenue sa petite infirmière personnelle. Je me chargeais de le brancher à sa machine, de l’allonger confortablement dans le canapé pour qu’il puisse dormir. Je gonflais ses oreillers, le couvrait d’une couverture bien chaude qui réchaufferait la peau sur les os qu’il avait, et je déposais un baiser sur son front. Je me souviens encore de la fraîcheur de sa peau.

Les visites de l’infirmière ne suffisaient pas, et mon père a prit le chemin de l’hôpital. Nous l’avons suivi. La plus grande peur qu’il a du affronter comme un homme. Il a prit place dans une chambre au mur blanc et au mobilier minime. Le genre de chambre où tu ne voudras jamais plus revenir. Les mois sont passés, les hospitalisations se faisaient de plus en plus fréquentes. Je ne pourrais me souvenir du nombre d’allers et retours que nous avions du faire pour le retrouver le plus tôt possible dans sa chambre lugubre qu’il ne supportait pas. Je me souviens de son visage qui s’illuminait lorsqu’il nous voyait juste devant la porte de sa chambre d’hôpital. Mais, j’ai surtout ce souvenir indélébile qui m’a fais prendre conscience que mon père n’était plus celui qu’il était. Il n’était plus l’homme endurci par la vie, avec le regard sévère. Non, mon père était devenu un petit garçon, peureux de la fin que lui réservait la maladie. Un souvenir qui me marquera toute ma vie. Une scène où la force que je mettais pour ne pas pleurer devant lui avait été vaincue par un simple regard de sa part. Les bus que nous prenions pour nous rendre à l’hôpital parisien avaient pris beaucoup de retard ce jour là. Les embouteillages nous retardaient mais personne ne se doutait que mon père nous attendait, impatiemment, l’esprit inquiet. Lorsque nous sommes enfin arrivées dans le grand hall, qui ressemblait étrangement à une gare, avec son photomaton, cette cafétéria où nous avons souvent mangés, et cette boutique de souvenirs parisiens, l’ascenseur lui aussi prenait beaucoup de temps. Cet ascenseur qui m’horrifiait mais que j’empruntais sans avoir vraiment le choix. Le long couloir qui nous menait jusqu’à la chambre du fond semblait étrangement long et interminable. D’ailleurs, je ne me souviens plus du numéro de sa chambre. Mais, je me souviens bien du regard de mon père, le regard d’un petit enfant abandonné qu’il a eu lorsque nous sommes arrivées dans sa chambre. Mais, ce dont je me souviens le plus, c’est de cette phrase pleine de détresse mais aussi de soulagement qu’il nous a adressé avec un petit soupir : « Je pensais que vous n’alliez pas venir, que vous ne reviendrais jamais ». Mon père s’était mit dans la tête que nous nous éloignerons de lui parce qu’il était atteint de cette putain de maladie, que nous le laisserions seul, sans aucun soutien face à cette adversaire sournoise. A cet instant même, lorsqu’il a prononcé cette phrase qui me marquera à jamais, ma gorge s’est nouée et mes larmes étaient prêtes à jaillir de mes yeux. Je me souviens d’être aller dans la salle de bain pour reprendre mes esprits, et d’en être ressorti avec un large sourire sur les lèvres.

Le verdict est tombé un samedi matin à huit heures cinq. A l’époque, je dormais dans la chambre de ma mère car mon père dormait dans le salon, et j’avais pris l’habitude de ne pas être trop loin de lui. La semaine d’avant, mon père était encore à la maison, affaiblie par toutes ces chimiothérapies, affaiblie par son état maladif. Se déplacer lui était devenu un effort insurmontable, et c’était ma mère qui devait le laver car le moindre geste qu’il faisait lui procurait une douleur atroce. Cette semaine là avait était très dure pour lui, et le dimanche soir il en était même venu à demander à retourner à l’hôpital, l’endroit qu’il avait en horreur et qu’il craignait le plus. Le lundi matin, il retourna à l’hôpital pour une semaine de plus. Nous ne savions pas, ni lui, ni nous, qu’il ne reviendrait plus à la maison, qu’il ne reverrait plus l’endroit dans lequel il avait vécu avec nous, avec sa famille. Cette semaine d’hôpital n’était pas différente des autres. Nous allions le voir le plus souvent possible, ayant l’espoir que ce cauchemar prendrait bien fin un jour. Pourtant, le mercredi, je pense qu’il nous avait déjà quitté. Il arborait ce regard vague, l’esprit ailleurs. Il ne cessait de répéter qu’il n’avait plus mal, que les douleurs avaient disparus. Les anges venaient déjà le chercher, je pense. Je me souviens surtout de ce jeudi soir où mon père a appelé ma mère. Nous pouvions à peine l’entendre au bout du fil tellement il n’avait plus la force de parler. Je me souviens de cette dernière phrase qu’il a adressé à ma mère avant de raccrocher : « Tu n’as rien à me dire ? ». Ce seront ses derniers mots avant de succomber. Ma mère n’a eu que pour seule réponse : « Non bébé, je te dis seulement à demain, on arrivera le plus tôt possible ». Mon père attendait sûrement un « Je t’aime » que ma mère n’a pas su lui dire, croyant qu’elle aurait encore toute la vie pour lui prouver. C’est dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il est tombé dans le coma. Ce midi là, ma mère avait appelé le lycée pour demander à la CPE de me dire que je devais manger à la cantine. Je me souviens de l’entrée de la CPE quand elle m’a dit « Betty, ta maman a appelée, tu dois manger à la cantine aujourd’hui, il n’y a personne chez toi ». Je me souviens avoir maudit ma mère, car je détestais la cantine. Je ne savais pas qu’à ce moment là, ma mère et ma sœur partaient en catastrophe à l’hôpital. A ma sortie du collège, ma sœur et mon parrain sont venus me chercher. « Papa est dans le coma ». Cette phrase a retentit dans ma tête, et nous avons foncé à l’hôpital. Quand je suis arrivée, mon père avait les yeux fermés, et un masque à oxygène sur le visage. Il inspirait des grandes bouffées d’air, et son corps faisait des mouvements brusques. Je me suis approchée de lui, je lui ai touché sa main pleine de tatouages. J’étais convaincue qu’il allait se réveiller.

Nous sommes le samedi 14 janvier 2006. Il est huit heures cinq, ma mère et moi sommes dans un profond sommeil quand le téléphone retentit dans la chambre. Je sens ma mère se déplacer dans le lit, et décrocher. Quelques murmures au bout du fil, et le cri de détresse de ma mère. Je me souviendrais toute ma vie de ce cri embrumé de chagrin, de rage que ma mère a poussé. Je me souviens de ces larmes qu’elle déversait en hurlant « Il est parti ! Il est parti ». Je me suis levée d’un bond, j’ai couru dans la chambre de ma sœur qui, à mon simple regard, a compris et a fondu en larmes. Je me souviens que nous nous sommes habillées dans la précipitation, alors que cela ne servait à rien de courir, il nous avait déjà quitté. Nous sommes arrivées le souffle court. En entrant dans la chambre, une vision d’horreur m’est apparue. Mon père était allongé, couvert jusqu’au torse, les yeux fermés, le corps froid. Je l’ai regardé un long moment, mon imagination me jouais des tours : j’avais l’impression de voir son corps bouger au rythme d’une respiration imaginaire. Il ne voulait pas mourir seul, à l’hôpital, mais la mort en avait décidé autrement. Ils l’ont emmenés dans ce grand sac en plastique jaune. Je préférais me dire qu’au lieu d’être dans ce sac immonde, les anges l’avaient déjà recouvert de leurs grandes ailes blanches.


Dernière édition par Madem0iselle B. le Mar 10 Nov - 20:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Ven 23 Oct - 21:00

Ouah ! Je viens de lire ton texte, il m'a un peu perturbé ; je suis limite en train de pleurer devant mon ordinateur ! Je sais pas si c'est la fatigue qui me rend émotive comme ca ou si c'est seulement ton texte ... J'ai rien à dire d'autre ...

Dernière édition par Carine * le Ven 23 Oct - 21:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Ven 23 Oct - 21:27

Ton texte est vraiment très beau, magnifique même, j'en ai eu des frissons.
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Sam 24 Oct - 12:33

    Et moi les larmes ♥️ Faut prevenir Betty (: C'est superbement écrit.

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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Sam 24 Oct - 18:59



  • _ Je vous remercie toutes. Vos petits messages m'ont réellement fait chaud au coeur ♥️. Merci ; merci ♥️.
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Sam 24 Oct - 19:02

J'aimerais beaucoup lire d'autres de tes textes ... !
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Dim 25 Oct - 14:25



  • _ J'ai un site où je les expose. Comme, je ne peux faire de la Pub ; je te dirais simplement de cliquez dans l'icône « WWW », en bas de mon profil =).
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Dim 25 Oct - 14:51

Héhé !
Je regarderais ca quand j'aurais le temps.
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Jeu 29 Oct - 12:27

_ Ce texte n'a pas de titre car je n'en ai pas trouvé, tout simplement. Il n'est pas « nouveau » mais il n'est pas très « ancien » non plus . . . C'est l'un des textes dont je suis le plus fière ♥️. Je l'ai écris suite à une expression écrite que je devais réaliser l'année dernière en cours de Français . . .
Tes yeux brillent. Tu es là. Assis dans le noir. Assis sur cette chaise en bois massif. Sur ta chaise. Le visage enfoui dans tes mains usées par les soucis. Je ne vois pas tes yeux, mais je sais qu’ils brillent. Ils ont toujours brillés. Tu sens ma présence. Entends mes légers pas sur le sol délavé. Tu lèves, instinctivement, les yeux vers moi. Tu poses ton regard sur ma silhouette à peine perceptible. Je heurte ton regard avec mes yeux d’enfants. J’essaye de percevoir des perles de larmes dans tes yeux d’adultes. J’essaye de saisir l’asthénie qui émane de ce regard si dur. Je sais pourtant que tu étais en train de pleurer sur ton passé. Ce passé que tu ressasses tous les soirs, toutes les nuits. Tu t’infliges des insomnies interminables, insoutenables pour soulager ta conscience. Tu t’imposes des instants chroniques pour songer à tes erreurs, à tes oublis, à tes manques que tu ne pourras jamais combler. Tu te prescris de longs moments pour t’épancher sur ton mal-être. Tu te dis que c’est le meilleur remède, le meilleur anesthésiant pour apaiser cette culpabilité perpétuelle.

Tu es là. Assis dans la pénombre de la nuit. Emprisonné dans tes pensées. Emprisonné comme tu l’as été auparavant. Emmuré dans cette prison de malheurs, comme dans ta tendre jeunesse. Tu te remémores ces mois passés derrière les barreaux. Enfermé dans cette cellule sinistre, funeste, dépourvue d’exultation, de charme. Seul avec toi même, comme tu l’es ce soir. Tu broies du noir comme tu le faisais, encagé entre ces murs. Je sais que ces mois ont conduis ta vie à sa déchéance. Je sais, qu’ils t’ont guidé à la dépendance. La dépendance de ces verres d’alcool. Je sais qu’ils t’ont menés à cette mutilation constante que tu t’inculques. Tu n’oubli pas ces mois de ta vie, où tu étais détenu, encellulé dans cette cage de béton. Ces mois qui ont fait de toi, aujourd’hui, le détenu de ta propre vie, de tes propres souffrances, de tes propres erreurs.

Tes yeux brillent, scintillent. Tu pleures l’absence de cet enfant. Tu t’en veux d’avoir disparu de sa vie alors qu’il n’avait que cinq ans. Tu t’écorches le cœur à l’idée de savoir qu’un autre homme l’a élevé à ta place. Tu te dépouilles la vie, t’esquintes le corps pour punition. Je sais que tu penses ne pas être un bon père. Renie cette absurde pensée. Ne pleure pas cette séparation. Tu as, depuis bien longtemps, aboli l’espoir qu’un jour vos chemins se croiseront à nouveau. Maintes fois, tu prendras ta plume pour déverser tout ton chagrin sur un morceau de papier. Un morceau de tes regrets, que tu aurais voulu lui faire partager. Tu t’y prenais souvent à plusieurs reprises, froissant des tonnes de feuilles qui jonchaient le sol. Tu ne trouvais jamais les bons mots pour lui expliquer ton absence, ton silence. Tu ne trouvais jamais les bons mots pour te faire pardonner. Des lettres, tu en as écris des centaines. Elles n’ont jamais été postées.

Ce n’est pas la première fois que je te surprends, assis, seul dans le salon. Dans le noir le plus profond. Tu passes la nuit à pleurer. Tu te tortures, t’endolories l’esprit de toutes ces questions auxquelles le temps ne trouvera toujours pas de réponses. Je sais qu’il ne tient qu’à un fil que tu ailles chercher l’objet qui te délivrera des douleurs encrées au plus profond de ton être. Cet objet, raison de toutes mes peurs. Il ne tient qu’à un fil que tu te laisses emporter par l’ivresse de la folie. Il ne tient qu’à un infime instant pour que tu t’empares de ce revolver et le porte à ta tempe. Ces instants de métamorphoses imbibées d’une démence incontrôlable, je les ai vécu. Tu étais méconnaissable. Tes yeux ne brillaient plus dans ces moments. Ils étaient hallucinés de folie. Tu me faisais peur. J’avais peur pour toi, peur que tu décides de mettre fin à tes jours. J’avais peur pour moi, peur que tu ne décides de me tuer. Il ne suffisait que d’un instant où la lucidité t’abandonne, pour que de ce canon émane ta mort. Pour que de ce canon émane la balle qui mettrait fin à ta misérable vie.

Tes yeux brillent. A présent, je sais que tu étais en train de pleurer ce soir. Je sais, que tu pensais à toutes ces choses que je viens de t’écrire. Je suis là. Dans l’obscurité de la nuit. Je te regarde te détruire sous mes yeux. Je te regarde te consumer, te détériorer. Je m’en veux. Je m’en veux d’être impuissante face à l’homme, si fort à l’extérieur, mais si meurtri à l’intérieur qu’est mon père. Je pourrais t’en vouloir de me faire subir ta détresse, mais je n’y parviens pas. Mon coeur t’aime bien trop pour pouvoir te détester. Ce soir. Les lumières du salon sont éteintes, tout comme le sont celles de tes prunelles. Je ne sais que faire pour te sauver de ta propre destruction. Je suis si faible face à toi. Désarmée. Ce soir, j’essaye en vain de trouver l’arme qui pourrait te délivrer de tes angoisses, de tes douleurs. J’essaye de trouver l’antidote de ton mal-être. J’ai trouvé. Pour seul soin palliatif, je t’enlace de mon regard enfantin avec l’espoir de m’emparer de tes obsessions, de tes mauvais maux. Avec l’espoir de te sauver telle une héroïne.


Dernière édition par Madem0iselle B. le Mar 10 Nov - 20:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Jeu 29 Oct - 12:37

    Je l'avais déjà lu celui ci. Il est très beau. :)

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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Jeu 29 Oct - 12:40

Waah. T'as une écriture merveilleuse. C'est magnifique
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Jeu 29 Oct - 12:49



  • _ Merci à vous ♥️.
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Ven 30 Oct - 18:00

    J'aime le deuxième, surtout les dernières lignes ♥️

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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Mar 10 Nov - 20:54

_ Voila un nouveau texte que j'ai écris il y a quatre jours. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas travaillé avec les mots . . . ♥️.
▬ Je débloque, je crois

Il y a des jours où je me dis qu'il n'existe pas assez de personnes pour me mettre des claques, et me rappeler que j'ai tout pour être heureuse. Je suis là, la connerie me dévore mais je ne m'en rends même pas compte. Conne. Je ne souris jamais, n'est aucun sens du second degré, et ne trouve refuge que dans des larmes qui ne me rendes pas plus heureuse, qui n'ont aucunement l'effet que j'espérais avoir. La mine blafarde, je me laisse aller. Là où la vie, et le destin me mènent. Il m'arrive, de temps en temps, d'essayer de nager dans cette grande mer agitée, d'essayer de ne pas me noyer, et faire naufrage dans ce gouffre noir mais mes efforts sont trop faibles pour y parvenir. J'aimerais me réveiller, prendre conscience de tout ce bonheur, de tout cet amour qui s'offre à moi. J'aimerais ouvrir les yeux, comme avant, et le voir, lui cet homme qui essaye de me rendre heureuse, de me faire aimer cette vie que je juge pourrie. Pourquoi suis-je ainsi ? 0ui, mes textes tournent en rond mais dans ma tête tout est déformé, rien ne tourne rond. Qu'est ce qu'il me prend de ne avoir confiance en mes propres sentiments ? Je débloque là. Je me maudis. La haine envers moi s'accumule de plus en plus, mais explosera-t-elle un jour ? Quels seront les dégâts de cette privation d'hurlements qui m'oppresse depuis des mois ?

Je débloque, et j'ai peur. Je ne sais plus depuis quand elle est entré dans ma vie, à quel moment de mon passé l’ai-je rencontré. Peut-être même qu’elle était déjà présente à ma naissance, ou même quand je n’étais qu’un embryon. Elle caressait peut-être le ventre arrondi de ma mère, je n’en sais rien. Je n’en ai pas le souvenir. J’aurais beau remué ciel et terre pour découvrir son origine, je pense que mes questions resteront sans réponse. Elle a entreprit son ascension en moi lorsque je n’étais qu’une enfant, du moins lorsque j’ai commencé à avoir une mémoire assez stoïque pour y conserver des souvenirs. A m’entendre, on croirait presque que la peur s’est humanisée, qu’elle est une amie, ou peut-être même une rivale dans ce cas là. Elle me tient par la main, s’agrippe de toutes ses forces, me colle comme une sangsue et aspire le peu de courage qui réside encore en moi. « Tu n’as peur de rien, tu n'as peur de personne. Sauf de toi-même. C'est la pire de toutes les peurs. » disait Yves Thériault. Je crois qu’il a raison. J’ai peur de moi-même. J’ai peur d’être dénuée de sentiments, de ne plus avoir le cœur qui palpite comme avant, de ne plus avoir cette angoisse amoureuse qui m’obsède, me rend malheureuse mais me prouve tout l’amour qui bouillonne en moi. Quand n’aurais-je plus peur ? Quand je serais grande ? Mais c’est quand ?! Peut-être jamais . . .

Peut-être que j’aime cette douleur, ce mal de vivre. Peut être qu'on est fait comme ça, nous les humains. Parce que sans elle, je ne sais pas, peut être qu'on ne se sentirait pas vivant. L’inexistence serait-elle encore plus douloureuse que la douleur en elle-même ? Je crois, oui. J’irais même jusqu’à dire que je préfère souffrir le martyre, avoir mal dans tout mon être. Je préfère avoir des bleus et des hématomes partout, plutôt que de ne rien ressentir. On peut se demander pourquoi on continue à se taper la tête contre les murs, parce que ça fait tellement de bien quand on arrête.

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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Mar 10 Nov - 20:59

J'aime ton texte ♥️
Je me reconnaît en plus dans ce texte.
Tu écris vraiment très bien & je comprend tes sentiments :/ ♥️
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MessageSujet: Re: { we do not prevent a small heart from loving   Mar 10 Nov - 21:20

Déjà luuuu ! Je passe au moins tous les jours sur ton site ! :)
D'ailleurs j'étais contente quand j'ai vu que tu avais écris un nouveau texte !
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    “I shouldn't have come home,
    I know the risk.
    But I have to know her.”
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